Chroniques

Maceo Parker

Par Jazzman, Pascal Anquetil - 1994


Enfin ! Parker s'est fait un prénom. Il aura fallut que James Brown soit condamné à l'ombre pour que Maceo connaisse les feux de la rampe et s'impose définitivement comme le nouveau maître du funk, le grand prêtre du groove. Pas de doute, ces nuits d'avril dernier à la Fabrik de Hambourg, face à un public en ébullition, le groove était au rendez-vous. Entouré par ses deux vieux compères de JB Horn Base (Pee Wee Ellis, saxophone ténor hurleur au son généreusement gras, et Fred Wesley, tromboniste cracheur de lave), Maceo et son alto haut perché, au vibrato acide et enfiévré, lancent leurs flammes en un bel élan vertical avec une précision millimétrée. "J'aime jouer la musique qui rend heureux". Indubitablement, Parker sait le faire par coeur. Il suffit d'entendre le public réagir d'aise au riffs impeccablement huilés de sa rutilante "machine à funk". Au menu de ces trois soirées très soul, sax and sun, quelques reprises comme "Cold Sweat" immortalisé par James Brown, les inusables "House Party" et "Make it Funky" et un formidable "Chameleon", en hommage à Herbie Hancock (période Head Hunters), avec le soutien torride du Rebirth Brass Band. Pour le final, "C Jam Funk", Maceo invite le président Clinton, prénom George, une des personnalités essentielles des années 70, le délirant créateur du P. Funk au sein de parliament. Chaud devant !
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