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Lundi 6 Septembre 2010
11:09
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Interviews
Maceo Parker, le funky maestroPar TRANSFAC, Yasmina Haddou - 2003Cravate version notes de musique, lunettes noires... Maceo, l'ancien saxophoniste de James Brown, s'est prêté au jeu des interviews en toute décontraction au cours de son passage à Paris pour la sortie de son dernier album. Entrevue avec un homme au talent immense, qui impose le respect !
0n vous présente souvent comme la figure emblématique du funk, comme l'architecte de ce courant musical Cela vous fait quoi d'entendre ça ?
"J'en suis flatté. Ça m'apporte beaucoup de satisfaction. Quand j'étais ado, j'admirais des gens comme Louis Armstrong, Count Basie, ce genre de musiciens qui ont parcouru la planète en faisant partager leur musique. Ils étaient ma source d'inspiration, je rêvais d'être à leur place. Pour y arriver et percer plus vite, plutôt que de faire du jazz comme le font la majorité des jeunes saxophonistes, j'ai opté pour un style funky." Vous n'avez pas souffert d'être resté un peu dans l'ombre de James Brown, même si vous vous produisiez aussi de votre côté ? "Non, pas du tout. Lorsque l'on travaille avec des gens comme lui ou comme George Clinton, Bootsy Collins, on ne peut qu'apprécier la collaboration. Il faut accepter que ce soit l'autre qui soit aux devants de la scène. Tout cela m'a permis d'être connu et reconnu pour ce que je fais. Je savais très bien que moi aussi, tôt ou tard, serais aux commandes de mon propre groupe. D'ailleurs, bien avant d'être avec James Brown, vers l'âge de 15/20 ans, je pensais à me produire en solo. Mais j'ai compris que je devais grandir et avoir des expériences avec d'autres pour pouvoir monter ma propre formation." En quoi ce nouvel opus est différent des autres ? "Ma musique, c'est "98 % funk et 2 % jazz". C'est une formule que j'ai définie il y a 6 ans et j'essaie de m'y tenir depuis. Les gens savent déjà que quand ils m'écouteront, ce sera ce style et pas un autre. Le funk est une musique joyeuse, positive, qui inspire à bouger et faire la fête. Et l'on retrouve tout ça dans cet album ! J'ai du plaisir à transmettre des choses positives. Et puis la vie, c'est comme une balance : d'un côté, on a des choses tristes et de l'autre du bonheur. La musique est là pour faire pencher la balance du bon côté et nous sortir des idées noires." C'est pour apporter une touche de modernité et de jeunesse à votre musique que vous avez fait appel à votre fils, Corey, dans ce nouvel album ? "Oui. J'aime couvrir tous les styles, mais tout en gardant une musique de paix, de bonheur. Une musique gaie et festive. On trouve dans l'album des morceaux plus jazzy comme "Lady Luck", ou plus enlevés avec "Quick step". Mais aussi un peu de hip hop et de rap grâce à la participation de Corey. Il y en a donc pour tous les goûts. Même si mon fils commence à faire des projets en solo, je le considère toujours comme un membre du groupe à part entière et je lui suis très reconnaissant pour ses contributions." Que pensez-vous du paysage musical actuel, de la nouvelle scène funk et des courants comme le R&B ? "Je n'ai pas trop l'occasion d'écouter ce qu'il y a aujourd'hui. Quand je prend ma voiture pour aller faire mes courses, j'écoute plutôt Marvin Gaye, les Drifters... Ce genre de choses qui étaient nouvelles et à la mode pour moi quand j'étais plus jeune !" (rires) Que pouvez-vous encore attendre de la vie aujourd'hui ? "Rien de particulier. Je ne cours pas après les récompences. Si des gens comme Stevie Wonder ou Janet Jackson me proposent de travailler avec eux, je ne refuserai pas, je le ferais avec bonheur. Mais ce n'est pas ce que je recherche avant tout. Mon souhait est de maintenir mon groupe, de continuer à faire des disques et de semer la parole du funk à travers le monde." Mais... Vous arrive-t-il de dormir avec votre saxo ? (Il s'esclaffe) "Oh non !" Lu 849 fois
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