Interviews

MACEO PARKER

Par Keyboards, Bruno Heuzé - 1998

De James Brown dès 1964 à George Clinton dans les années quatre-vingt, le saxophone babillard de Maceo Parker a fréquenté ce qui se fait de plus chaud, à travers les âges d'un funk toujours cuivré. Voguant pour son propre compte depuis quelques temps déjà, Maceo vient de nous concocter une petite bombe très très groovy : «Funkoverload».


Maceo, lorsque tu as enregistré ce nouvel album, avais-tu une idée directrice précise ?
Simplement de produire une bonne collection de titres bien funky, qui puissent toucher un public assez jeune. C'est pourquoi nous avons choisi d'être très direct, de jouer sur des tempos rapides et de pousser les rythmiques en avant.

Est-ce la raison pour laquelle «Funkoverload» a été enregistré dans les conditions du «live» ?
Effectivement, c'est le meilleur moyen d'avoir le vrai feeling ! Si mon public connaissait déjà la plupart des morceaux par le biais des concerts, ces titres n'avaient encore jamais été enregistrés. Nous avons donc voulu retrouver l'ambiance de la scène, mais avec la qualité de son du studio.

Comment décrirais-tu l'évolution du funk depuis toutes ces années ?
Le funk est avant tout lié à la danse et au mouvement. En cela, il n'a pas beaucoup changé, même si trente ans séparent «Funkoverload» de «Sex machine» ; l'intention est toujours la même ! Le rap, a montré comment incruster des paroles dans le rythme, et avère aussi définitivement funky a différence entre le funk et le groove, c'est la syncope... et encore, tout ça est fait pour te faire bouger !

Dans ton groupe, les claviers sont tenus par Will Boulware depuis longtemps maintenant.
C'est exact, nos premiers concerts remontent à une dizaine d'années. Will est le «clavier» idéal, car il connaît toutes les subtilités harmoniques du jazz et il a ce toucher rythmique indispensable à cette musique.

Justement, comment définirais-tu le rôle des claviers dans ta musique?
Même s'ils apparaissent moins en avant que les cuivres, les claviers sont essentiels car ils permettent, en particulier, de garder le climat et le balancement dans les passages plus ou moins chargés, assurant ainsi une base sur quelle on peut s'appuyer pour les relances.

Tu as une grande prédilection pour l'orgue Hammond, pourquoi ?
Avant tout pour sa sonorité chaleureuse, qui porte en elle une sorte de vibration organique. Le Hammond sonne vrai, alors que les synthés gardent un aspect un peu artificiel qui ne convient pas exactement à ma musique. Cet orgue se marie aussi très bien avec les guitares dans les médiums ; d'ailleurs, je les fais souvent jouer ensemble en contrepoint rythmique. Enfin, il combine à tous les styles et il est parfait pour des morceaux plus jazzy, ou pour des ballades. Mais sache que j'aime également les pianos électriques comme le Fender Rhodes ou le Wurlitzer…

Te sers-tu d'un clavier pour composer ?
Non, ni du saxophone d'ailleurs. Tout se passe dans ma tête, et je commence d'abord par chanter que je compose. Mais mon rêve serait d'avoir assez de place chez moi pour mettre un piano à queue, afin de pouvoir composer tous mes arrangements dessus.
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