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Lundi 6 Septembre 2010
11:36
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Chroniques
Like a Sax MachinePar PlayRecord, Marc Le Hène - 1998LONGTEMPS SOLISTE CHEZ JAMES BROWN, MACEO PARKER FAIT PARTIE DE CES SIDEMEN QUI ENTAMENT TARDIVEMENT LEUR CARRIÈRE SOLO. APRÈS QUELQUES FORMATIONS DES PLUS INTÉRESSANTES - NOTAMMENT AVEC GEORGE CLINTON ET BOOTSIE COLLINS AU SEIN DES GROUPES PARLIAMENT FUNKADELIC OU ENCORE P-FUNK UMBRELLA - C'EST EN 1990 QUE L'ARTISTE RENCONTRE LE SUCCÈS AVEC SON ALBUM «ROOTS REVISITED», NUMÉRO UN AU BILLBOARD JAZZ CHARTS AMÉRICAIN PENDANT PRÈS DE DIX SEMAINES. LA RECETTE ? 2% DE JAZZ, 98% DE FUNK !
Quand on lui demande quand et comment il est venu à la musique, Maceo Parker répond: "Je n'ai pour ainsi dire pas eu le choix !". Né en 1943 à Kingston, il baigne dès son dans une ambiance musicale. Son père, pianiste-batteur, chante avec sa mère à l'église ; son oncle Bobby a un groupe du nom de "Bobby Butler and the Mighty Blue Notes". "Dans ce contexte, j'ai développé un amour précoce pour la musique. Très jeunes, mes frères et moi avons eu nos premiers instruments et dès 11/12 ans, notre oncle nous emmenait dans les night-clubs où il se produisait pour y jouer nous-mêmes deux ou trois morceaux. C'était impressionnant de jouer devant des adultes, mais on peut dire que cela a été le début de nos carrières professionnelles, puisqu'on a commencé d'être payé pour ces prestations bien avant que je ne soit diplômé de l'école supérieure ". Cette première formation incluait ses frères Melvin à la batterie (que l'on retrouve plus tard au sein du JB'S Band) et Kellis au trombone, ainsi que quelques cousins. Elle s'appelait très simplement : «The Junior Blue Notes» et jouait sans cesse.
Funk Spirit C'est à l'occasion de ses années de collège en Caroline du Nord que Maceo rencontre nombre d'autres musiciens et s'essaie à différents styles. "À cette époque, j'avais un groupe à la maison et un autre au collège. C'était une période très excitante, riche des approches différentes qu'apportaient des gens venant de coins très divers". Le Funk est pourtant déjà le style où notre homme continue d'exceller. "Le Funk est un état d'esprit. Un sentiment de fête dans la fête. Il donne aux gens l'opportunité "d'entrer" dans le son. Je préfère ce genre d'atmosphère à ces concerts où l'on s'assied juste pour écouter la musique. J'aime que le public participe, se lève et danse". Le milieu des années 60 marquera une étape dans l'ascension du musicien. Engagé comme batteur par James Brown, Melvin suggère à ce dernier d'engager également son frère. Le deal conclus, Maceo tiendra les parties basses au sax baryton dans la section des soufflants pendant environ trois mois avant de devenir soliste au ténor. "Le premier solo que j'ai enregistré, c'était sur le morceau «Papa's got a brand new bag» en 65. Je me rappelle comme j'étais excité de m'entendre sur un disque, dans un juke box. A l'occasion de nos " arrêts buffet ", j'allais glisser une pièce dans la machine et James, tout aussi excité, disait juste : Play! ". Partant de là, son rôle au sein du groupe mythique ne cesse de s'affirmer pendant les cinq années à venir avec des tubes comme " Cold Sweat " en 67 à " Funky Drummer " en 70. C'est en mars 70 que Maceo Parker quitte momentanément le James Brown Band pour former avec plusieurs de ces membres le groupe «Maceo and All The Kings Men» qui donnera lieu à l'enregistrement de deux album aujourd'hui collectors. Revenu en 73 dans le JB'S Band, le saxophoniste souffle désormais dans un alto, à la demande de James Brown avec qui il enregistre à nouveau de nombreux hits jusqu'en 75. À cette date, il part rejoindre George Clinton avec qui il fonde les Horny Horns. Cette collaboration, à laquelle s'associe bientôt Bootsie Collins, durera jusqu'au début des années 80. Les trois complices animeront des groupes internarionalement reconnus comme Parliament, Funkadelic ou encore P-Funk Umbrella. Maceo ralliera une dernière fois la formation de James Brown jusqu'à l'incarcération de celui-ci en 88. Number One La véritable carrière solo de Maceo démarre a l'instigation d'un producteur allemand qui lui offre l'opportunité d'enregistrer " Roots Revisited ", sorti en 90, et qui connut un formidable succès en se classant numéro un au Billboard Jazz Charts pendant plusieurs semaines. "II était temps pour moi ! J'ai consacré une longue partie de ma vie à jouer pour de nombreux groupes et je savais qu'il viendrait un moment où il faudrait me concentrer sur ma propre carrière. Longtemps, beaucoup de gens m'ont appelé pour me proposer des projets de groupes auxquels j'ai souvent participé. J'ai aimé cette période, mais il y a huit ans, j'ai eu envie de me consacrer plus exclusivement à ma musique. Sans doute est-ce plus la situation qui m'a offert une opportunité à un moment donné et que j'ai voulu saisir cette fois ». Le formidable succès de ce disque était certes inattendu mais le public a depuis confirmé son engouement pour l'artiste. « Peut-être le public européen est-il un peu plus énergique qu'ailleurs… ou bien est-ce simplement que nous étions là moins souvent de sorte que la venue de mon groupe constituait un événement plus singulier. Je ne sais pas… En tout cas, nous sommes heureux de faire cette musique sur scène et le public manifestement adhère à la joie que nous éprouvons à jouer et nous efforçons de transmettre lors de nos concerts. » Energy! L'énergie, Maceo Parker n'en manque pas avec les 200 concerts qu'il donne en moyenne tous les ans avec sa formation. Sur l'organisation qui règne au sein de son groupe, il dit n'avoir pas conservé le système des «Fines» mis en place par James Brown en son temps qui consistait à taxer de 10, 15 ou 20 dollars chaque musicien commettant le même pain au même endroit trop systématiquement. "Peut-être devrais-je !? Non, les musiciens de mon groupe ont tous une grande fierté de ce qu'ils font. Et avec les années, même si nous ne répétons pas, il s'est développé entre nous une complicité tant humaine que professionnelle. En concert, sur un seul signe convenu, tout le monde part au quart de tour, si bien que l'on pourrait créer de nouveaux morceaux instantanément, là, avec le public. "Abordant la question du travail en studio et la supposée difficulté de graver sur un disque la formidable énergie d'une musique résolument orientée dance et requérant la rencontre du public pour donner toute sa mesure, Maceo Parker répond : " Pour moi, un album, c'est comme un cadeau que l'on te fait. Si, en défaisant l'emballage, tu t'exclames que c'est chouette car c'est exactement ce que tu attendais, c'est sympa. Mais si, ce faisant, tu tombes des nues en découvrant une chose inattendue qui te plait, c'est mieux ! Un album doit être une idée de ce que la scène autorise, un extrait, un instantané. Si je fais un disque et qu'ensuite je le joue tel que sur scène, alors il n'y a plus de surprise. Et je veux surprendre ! .Alors je donne à entendre une partie de ce que le disque comprend... mais pas tout. Cela ne doit pas être exactement la même chose à chaque fois sinon plus d'étonnement. Je préfère te donner quelque chose que tu ne connais pas encore plutôt que quelque chose que tu attends ». The Joy of Life Fort de cette philosophie et d'un groupe qui joue deux soirs sur trois depuis des années, le dernier disque de Maceo, Funkoverload produit par Cream Records, n'aura demandé que deux semaines de prises et quelques jours de mix. "En studio ou sur scène, ce sont les mêmes musiciens qui interviennent. C'est mon groupe. Nous jouons donc notre musique presque de la même manière, avec le même esprit. Sur ce disque, il y a juste un titre ou deux qui sont un peu différents de ce que l'on fait d'habitude. Et puis, notre métier c'est vraiment la scène. Le disque, c'est un petit plus destiné à ceux qui nous supportent, qui aiment notre musique. Quelque chose qu'ils gardent avec eux... une manière de prolonger la fête". Cet esprit de tête dont parle Maceo anime comme toujours son nouveau disque où l'inhabituel est peut-être la voix de Corey Parker, son fils, que l'on entend rapper sur le titre d'ouverture, ou certaines parties de sax magnifiquement doublées avec ce son particulier aux attaques pleines d'un souffle magistralement calibré devant les notes qui s'épanouissent ensuite avec une chaleur toute en générosité. Un tel son est assurément le fruit d'une longue expérience. Si je devais donner un conseil à un jeune musicien, ce serait celui-ci : ne rate jamais une occasion de jouer où que ce soit, avec qui que ce soit. Rien ne remplace l'expérience. C'est elle qui te permet de te connaître et d'affirmer ta joie de vivre ! " Lu 966 fois
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