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Funk

Par l'Humanité Hebdo , Fara - 1998



Maceo Parker, l'incendiaire
Associé à James Brown dès les sixties, Maceo Parker a édifié les fondements du funk. Son saxo n'a cessé de souffler sur les braises de la «great black music». Les ennuis du Godfather of Soul avec la justice américaine ont projeté Maceo Parker sur le devant de la scène : une place qu'il eût méritée depuis longtemps. Revoilà notre souffleur funky : II choisit la chaleur estivale pour publier son nouvel album, Funkoverload. La radio Fip lui fait la fête le 31 août en lui consacrant une journée spéciale durant laquelle les auditeurs découvriront le disque du maestro. Profitez-en, de 9 heures à 9h30, vous pourrez gagner le Cd Funkoverload encore des collectors et des remixes. Puis, de 19h30 à 21h, le peuple groovy sera en direct avec son fiston, le rapper Corey Parker, pour répondre aux questions d'Armand Pirrone et de Christine Diahaby. Un premier contact sympathique, en attendant le nouveau spectacle que présentera Maceo en France, en octobre.

Le saxophoniste figure parmi les musiciens les plus samplés de la planète. On se souvient du procès contre Les Inconnus, qui avaient utilisé une séquence de son Southwlck pour la musique de Neuilly-Auteuil-Passy. Cependant, Maceo est loin de poursuivre tous ceux qui empruntent des bribes de son groove reconnaissable entre tous. Dans Funkoverload, la participation de Corey Parker est une manière de clin d'œil au mouvement hip hop.
Et on retrouve son vieux complice de l'époque James Brown : le tromboniste Fred Wesley, autre souffleur incendiaire. Les deux hommes se remémorent de temps en temps les épisodes de la saga Brown – les bons et les moins bons. Maceo Parker y a donné de nombreuses années de sa vie : de 1967 à 1970, ensuite de 1973 à 1977, puis de 1984 à 1989. « Dès mes débuts, j'ai considéré James Brown comme une université. On y va, on en part, on y retourne quand on a encore envie d'apprendre», nous explique t-il le temps d'un bref séjour parisien. «Mister Brown imposait une sévère discipline. Un peu comme l'armée. Il Infligeait une amende à ceux perdaient leur costume de scène, qui arrivaient en retard ou qui jouaient mal. Maintenant, cela peut sembler exagéré. Mais tant que les musiciens rêvaient d'intégrer le groupe , ils étaient d'accord pour se soumettre aux règles. L'hyperprofessionnalisme était probablement le fruit, entre autres, de cette exigence.» Et Maceo Parker de conclure en riant «Moi aussi j'ai payé des amendes, mais ce ne m'a pas ruiné !» Lorsque nous lui demandons s'il aimerait refaire quelque chose avec James Brown, il répond : «Je ne pense pas que je retournerai en tournée avec lui. Mais si, un jour, un projet spécial se présente, peut-être accepterai-je. J'ai déjà beaucoup de travail avec mon propre groupe, c'est ma priorité.» La machine parkerienne donne environ trois cents concerts par an. Pourquoi tourner à rythme aussi soutenu ? «Je me souviens du temps où je n'avais pas la chance de travailler autant, notamment dans les années quatre vingt, lorsque James Brown a traversé des moments difficiles. Je veux avoir les moyens de m'occuper de l'éducation de mes six enfants. Par ailleurs, je me sens une responsabilité envers la dizaine de personnes de mon équipe ; elles aussi dépendent de moi. C'est ainsi que je ne peux pas faire de sports risqués, ni même conduire une moto.»




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